Origine et histoire de la Collégiale Saint-André
La collégiale Saint-André, fondée en 1228 par André Dauphin comme chapelle privée et nécropole dynastique, fut construite grâce aux revenus des mines d’argent de Brandes-en-Oisans. Son architecture, marquée par une nef unique, un transept bas et un clocher latéral en tuf surmonté d’une flèche octogonale, illustre le style roman tardif et gothique primitif typique du Dauphiné. L’édifice, dédié à saint André, abritait initialement les tombeaux des dauphins, détruits en 1562 par les troupes protestantes du baron des Adrets pendant les guerres de Religion.
Transféré de Champagnier à Grenoble en 1227 avec l’accord de l’évêque Soffroy, le chapitre de treize chanoines était dirigé par un prévôt et visait à rivaliser avec l’autorité épiscopale. Les statuts furent rédigés par Jean de Bernin, archevêque de Vienne. La collégiale devint un lieu de pouvoir, accueillant des événements majeurs comme les prédications de saint François de Sales ou la conversion du duc de Lesdiguières au catholicisme. Après l’annexion du Dauphiné par la France en 1349, elle servit de chapelle royale, notamment sous Louis XI, qui y accorda des privilèges au XVe siècle.
Désaffectée comme collégiale à la Révolution (1790), l’église devint paroissiale en 1802 et abrite depuis 1822 le tombeau du chevalier Bayard, transféré du couvent des Minimes. Le clocher, haut de 56 mètres et achevé à la fin du XIIIe siècle, est un emblème de Grenoble. L’orgue, dont le buffet date de 1701-1704, et les vitraux du XIXe siècle (Lucien Bégule) témoignent de son riche patrimoine artistique. Classée monument historique en 2010, la collégiale allie histoire politique, religieuse et architecturale.
Le portail occidental, orné d’un tympan représentant saint Jean-Baptiste, et le portail sud, aux anges encensant une croix, mêlent influences romanes et gothiques. L’escalier hélicoïdal du XIIIe siècle, la sacristie abritant autrefois les archives dauphinoises, et les chapelles latérales ajoutées aux XIVe-XVe siècles complètent cet ensemble. La cloche sonnait autrefois le sing à 22h, signalant la fermeture des portes de la ville, jusqu’en 1877.
La collégiale fut desservie par des communautés traditionalistes (Institut du Christ Roi, Fraternité Saint-Pierre) entre 2008 et 2022, avant de revenir au clergé diocésain. Son histoire reflète les tensions entre pouvoir dauphinois, royal puis républicain, et l’Église, tout en restant un lieu de mémoire pour des figures comme Bayard, saint François de Sales ou le jeune Stendhal, qui vécut à proximité.